Paperas.se : Tous vos documents de mandats en 3 clics (95% de dossiers complets en - de 24h et 10 jours en - par signature)
Antoine Robin, co-fondateur de Paperas.se (+ offre spéciale en fin d’interview 🎁)

Bienvenue dans Super Biens, le seul média 100% PropTech et FinTech en France. Interview d’un.e CEO, 1 mercredi sur 2.

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Hello Antoine, peux-tu nous présenter ton parcours ?
J’ai un parcours plutôt classique : école de commerce, spécialisation marketing… mais comme je suis quelqu’un de très curieux, j’ai rapidement bifurqué vers l’univers des startups !
Tout remonte à mon stage de fin d’études au sein d’un service d’anticipation marketing dans un grand groupe de télécoms. On était en 2007, pile au moment du lancement de l’iPhone… auquel on a eu accès en avant-première ! Pour un passionné de tech comme moi, ça a clairement été un tournant : j’ai compris à quel point la technologie allait transformer nos usages et j’ai eu envie d’en être.
J’ai alors rejoint une première startup à Madrid, qui s’appelait Fon. On développait un projet communautaire de partage de connexion Wi-Fi. Ensuite, j’ai travaillé pour une startup qui faisait du streaming de musique live depuis des clubs électro, Awdio. C’était hyper novateur… peut-être un peu trop ! À l’époque, les smartphones étaient encore rares et Spotify balbutiait à peine…
J’ai ensuite rejoint BNP Paribas, où j’ai passé une dizaine d’années à suivre mon fil rouge : qu’est-ce qu’on peut faire des innovations technologiques qui émergent ? Je suis passé par plusieurs filiales, j’ai touché au crédit, au paiement mobile puis à l’immobilier. Mon premier grand chantier a par exemple été de repenser le parcours de demande de crédit via mobile, pour faciliter la vie des clients…
Après une phase très FinTech, j’ai rejoint la branche BNP Paribas Real Estate. C’était comme revenir à une vieille passion, parce que petit, après être tombé sur un livre sur Frank Lloyd Wright (grand architecte américain), je voulais être architecte (rires). Plus prosaïquement, lorsque j’ai découvert tous les pans du secteur de l’immobilier (promotion, transaction, property management, investissement), j’ai eu une révélation. Je me suis rendu compte que dans la PropTech, tout restait à faire. Il y avait une infinité d’opportunités et très peu de services pensés pour faire gagner du temps et simplifier les choses. Parallèlement, j’achetais mon premier appartement. C’est dans ce contexte que j’ai commencé à réfléchir à Paperas.se.
La mission de Paperas.se en une seule phrase ? Qu’est-ce qui t’y a amené ?
Paperas.se, c’est le premier service digital qui simplifie la vie des vendeurs en les aidant à rassembler tous les documents obligatoires pour signer un compromis de vente.
L’idée m’est venue à un moment un peu charnière. Comme je te le disais, j’étais en train d’acheter mon premier appartement et le vendeur galérait à réunir les documents, le syndic n’arrivait pas à lui fournir certains papiers… À tel point qu’on a dû repousser la signature du compromis plusieurs fois… C’était à la fois frustrant et révélateur : il y avait clairement quelque chose à faire pour fluidifier ce processus, une sorte de “data room” accessible et organisée.
Cela faisait écho aux problématiques d’innovation autour du parcours utilisateur auxquelles je réfléchissais côté pro… Tout s'alignait en quelque sorte ! Alors, j’ai commencé à faire quelques interviews d’agents immobiliers pour valider le besoin, à esquisser un début de business model. Et avec mes associés - car évidemment, je n’ai pas monté Paperas.se seul - on s’est lancés. On a lancé notre MVP (Minimum Viable Product), pensé d’abord pour les particuliers, en octobre 2020 puis en avril 2021, nous avons lancé nos offres professionnelles, ce qui a vraiment marqué un tournant. C’est à ce moment-là qu’on a trouvé notre market fit.
Fonctionnement concret ?
Concrètement, Paperas.se est une plateforme SaaS qui permet aux vendeurs d’être totalement autonomes dans la constitution de leur dossier de vente. Il suffit de créer un compte avec une adresse e-mail et l’adresse postale du bien. La plateforme génère alors automatiquement un tableau de bord personnalisé, à la fois épuré et didactique, qui permet de visualiser en un coup d’œil l’ensemble des documents à fournir.
Les utilisateurs peuvent bien sûr déposer manuellement ce qu’ils ont déjà : pièce d’identité, titre de propriété, etc. mais l’idée de la plateforme, c’est d’aller plus loin. On fournit aujourd’hui un service capable d’aller récupérer les pièces automatiquement dans des espaces sécurisés, comme les extranets de syndics. Aujourd’hui, nos robots sont connectés à plus de 9500 syndics ! On a aussi automatisé la récupération de documents via l’espace impots.gouv, notamment pour la taxe foncière.
Enfin, les utilisateurs peuvent commander, directement via la plateforme, tous les documents manquants ou qui n’existent pas encore : diagnostics, modificatifs de règlement de copropriété, duplicata de titre de propriété, etc. On a noué des partenariats avec des diagnostiqueurs et des services de publicité foncière pour cela.
Un bon exemple, c’est le pré-état daté, un document nécessaire pour la signature du compromis. En passant par le syndic, il coûte en moyenne 300 €. Avec Paperas.se, on le propose à partir de 60 €, livré en moins de 24 heures.
Qui sont vos clients ? Quelles offres (particulier et pro) ?
Paperas.se est un service universel, pensé pour tous les vendeurs, quel que soit leur mode de vente. On adresse à la fois les vendeurs en direct (ce qu’on appelle le PAP, soit environ 30 % du marché) et ceux qui passent par un professionnel de l’immobilier (les 70 % restants). L’objectif, c’est vraiment de couvrir l’ensemble de la problématique documentaire liée à la vente.
Pour les particuliers, l’offre est simple : elle est gratuite au départ. Ils peuvent créer leur dossier sans abonnement, sans frais de dossier. Ce qui est payant, ce sont uniquement les documents qu’ils choisissent de commander. L’accès se fait directement via le bouton « Tester gratuitement » sur la plateforme.
Côté professionnels, on a développé des offres spécifiques qui s’adaptent aux différents profils : mandataires indépendants, agences traditionnelles, etc.
Les mandataires, notre cœur de cible, utilisent par exemple majoritairement l’offre Pro à la demande - pour chaque dossier donc - à 19€ HT. En accédant à cette version Paperas.se Pro, ils ont accès à des fonctionnalités supplémentaires par rapport à l’offre gratuite des particuliers. Ils peuvent notamment inviter leurs clients vendeurs à collaborer directement sur le dossier, profiter de tarifs négociés sur les documents, et bénéficier d’un support client dédié.
Les agences, elles, optent généralement pour notre formule par abonnement, à 59€ HT par mois sans engagement. Cet abonnement leur permet de créer autant de dossiers qu’elles le souhaitent et d’accéder à l’ensemble des fonctionnalités professionnelles, y compris le support renforcé. C’est l’offre idéale pour les structures qui gèrent quelques ventes par mois.
Vos références ?
Aujourd’hui, on travaille avec de nombreux réseaux, mais on a deux références emblématiques avec lesquelles on est très fiers de travailler : Orpi et IAD, les deux leaders nationaux de la transaction immobilière. Orpi est le réseau numéro un des agences traditionnelles et, IAD, le leader des mandataires. Le fait que ces deux poids lourds aient choisi de faire confiance à Paperas.se est pour nous un vrai gage de sérieux et de fiabilité. C’est une belle preuve de la dimension universelle de notre service.
4 chiffres sur Paperas.se ?
50 000 dossiers de vente déjà traités. Pour donner un ordre d’idée, la France compte environ 700 000 copropriétés : cela signifie que Paperasse a déjà couvert près de 10 % du parc national.
Plus de 10 000 professionnels de l’immobilier utilisent aujourd’hui notre solution.
18 000 pré-états datés livrés par la plateforme.
+ d’1 million de documents, collectés, centralisés et structurés dans notre base de données.
Challenge actuel ?
Historiquement, nous sommes très orientés “vendeur” ; c’est un sujet qu’on maîtrise bien et qui fait notre force.
Mais aujourd’hui, nos clients pro de l’immo ont besoin qu’on adopte une approche plus complète qui prend en compte la phase “visite”. Le dossier complet tel qu’on le constitue aujourd’hui ne peut pas être transmis aux visiteurs/potentiels acquéreurs, tout simplement parce qu’il n’y a pas d’utilité à lui transmettre tous les documents à ce stade.
Donc, on travaille sur une nouvelle fonctionnalité, qui donnera au vendeur la possibilité de partager très facilement un dossier synthétique, une sorte de condensé visuel allant à l’essentiel.
Pour cela, on développe une IA, grâce à laquelle les professionnels pourront accéder rapidement à une synthèse claire des procès-verbaux d’assemblée générale par exemple. Ils pourront connaître très simplement (et donc les communiquer aussi facilement aux potentiels acquéreurs) les éventuelles procédures, les travaux prévus, le montant des charges, etc.
Pour compléter, on développe un bouquet de fonctionnalités pensées pour faciliter la vie aussi bien des professionnels que des visiteurs : des systèmes pour la prise de rendez-vous, la gestion des bons de visite…
Vision à 3 ans ? Internationalisation ?
Notre vision, c’est de bâtir la première base de données exhaustive sur les copropriétés en France. Ce qu’on veut, c’est créer une vraie cartographie dynamique du parc immobilier français, à partir d’informations fraîches, fiables et vérifiées.
Cela permettra à chaque acteur de savoir, pour n’importe quelle adresse en France, le nombre de lots, d’étages, le montant des charges et leur nature, l’existence de travaux votés et leur nature, d’éventuelles procédures en cours…
Cette base sera aussi le point de départ d’innovations autour de la valorisation du patrimoine immobilier, notamment autour de la finesse des estimations. Aujourd’hui, les outils d’estimation sont basés sur du déclaratif. Demain, ils pourront l’être sur de la donnée, qui transaction après transaction, s’enrichira de manière auto-alimentée. À terme, cela ouvre la voie à de nouveaux services, à des offres encore plus étoffées, parce qu’une fois qu’on maîtrise la donnée, tout devient possible.
Une anecdote sur Paperas.se ?
Quand on a lancé Paperas.se, on n’avait pas de budget. Au moment de choisir notre nom de domaine, le .fr et le .com étaient tout simplement inaccessibles financièrement. Débourser plusieurs milliers d’euros, ce n’était pas envisageable à l’époque. Alors, un peu par hasard, en cherchant une alternative sur OVH, on est tombés sur le .se. C’était disponible, ça sonnait bien et c’est comme ça que le site Paperas.se est né.
Avec le recul, c’est devenu un petit clin d’œil personnel : ma grand-mère était suédoise et le .se est l’équivalent suédois du .fr. Donc sans le chercher, le nom de domaine de ma première boîte porte aussi un fragment de mon histoire. Ce n’était pas calculé, mais c’est resté !
On a tenté ensuite de récupérer le .fr ou le .com, mais les montants demandés restaient trop élevés. Peut-être qu’un jour, ils redeviendront accessibles. En attendant, on garde notre .se, qu’on retient facilement et qui fait partie de notre identité.
Ton mantra personnel ?
Mon mantra au quotidien, c’est : “Est-ce que c’est utile ?”
C’est la première question que je me pose avant chaque décision. Est-ce que c’est utile pour nos clients ? Est-ce que ça répond à un vrai besoin ? Est-ce que ça peut générer de la valeur, pour eux, comme pour nous ?
Paperas.se est une boîte bootstrap, autofinancée depuis le départ. On ne peut pas se permettre de faire des paris à vide. Chaque fonctionnalité, chaque développement, chaque ligne de code doit avoir un impact concret. Et la meilleure boussole qu’on ait trouvée pour ça, ce sont nos clients. Dès le début, ce sont eux qui nous ont guidés. Les professionnels ont tout de suite adopté la version “light” du produit en 2020, mais surtout, ils nous ont dit ce qu’il manquait : une version pro, la possibilité d’inviter le vendeur, de personnaliser certaines étapes, etc. Sans eux, on se serait peut-être planté avec nos préjugés, nos idées préconçues. Grâce à eux, on a continué d’avancer, de rester utiles et de croître, même dans un marché tendu comme l’immobilier de ces dernières années.
Finalement, notre mantra, ce serait peut-être aussi celui-là : “Tout seul, on va vite, mais ensemble, on va clairement plus loin”.
Qu’est-ce qui définit un bon CEO selon toi ?
Un bon CEO, c’est quelqu’un qui sait où il va mais qui a aussi la lucidité de dire : je ne suis pas expert de tout, je ne peux pas être bon partout et donc je vais m’appuyer sur les bonnes personnes.
Évidemment, il y a la vision : savoir où tu veux emmener ton produit, ton équipe, ta boîte. Mais une fois que cette direction est claire, le plus dur, le plus essentiel, c’est de savoir déléguer. C’est d’apprendre à faire confiance, à s’entourer, à lâcher prise sur certaines parties, même si ça pique un peu au début. Au final, c’est ça qui te permet de tenir dans la durée.
Une opportunité sous-exploitée dans le marché ?
Pour moi, il y a un vrai sujet autour des résidences secondaires. C’est un marché énorme, mais qui reste encore assez mal adressé aujourd’hui. Prello avait tenté de structurer la copropriété d’usage, mais reste que la gestion des maisons de vacances achetées en famille, souvent transmises de génération en génération, avec plusieurs ayants droit, n’est pas du tout adressée. Il y aurait peut-être des outils à penser, pour simplifier la charge mentale autour des questions : Qui gère ? Qui paie quoi ? Qui a le droit d’y aller quand ? Est-ce qu’on la loue ? Comment on décide ensemble ?
Dernière chose à partager ?
Je reconnais que notre sujet n’est clairement pas le plus sexy de l’immobilier, on ne parle pas de visites virtuelles, d’investissement locatif glamour ou de maisons d’architecte sur Instagram ! Et pourtant, ce qu’on traite, c’est un sujet universel, central, qui concerne tout le monde à un moment donné.
Or, aujourd’hui, côté C2C (Consumer To Consumer, vente entre particuliers), nombreux sont les acteurs qui n’ont pas encore pris conscience de l’importance de fournir des services utiles, à forte valeur ajoutée, sur un segment où se créent précisément les vraies galères dans une vente, les zones d’ombre dans une acquisition. J’espère que cette interview les fera changer d’avis (rires) !
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